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Ménehould, c'est le prénom d'une fille, qui au V ème siècle, venait avec son père le Comte Sigmar à Château sur Aisne. Elle s'occupait des gens pauvres et malades ; eu égard à sa piété et à sa bonté, elle devint Sainte.
Sainte-Ménehould, c'est le nom d'une ville nommée jadis Château sur Aisne.
Ménehould, aujourd'hui, c'est le prénom que portent quelques dames et jeunes filles, un prénom pour une vie, un prénom pour une ville….

Au temps de la fin de la domination romaine en Gaule, l'est de la Champagne était gouverné par un homme de la haute vertu, Sygmarus.
Le Comte Sygmarus résidait à Perthes, aujourd'hui village situé près de Vitry-le-François, sur les rives de la Marne.
A l'extrémité nord de sa province était construite une forteresse sur un rocher surplombant le confluent de l'Aisne et de l'Auve. Quelques maisons s'accrochaient au flanc de cette butte et formaient avec la forteresse la ville de Château-sur-Aisne, ville qui prendra plus tard le nom de Sainte-Ménehould.
Ses domaines, dit-on, s'étendaient le long des rives de la Marne. Il devait aussi posséder quelques villas, dont la région de Sainte-Ménehould.
La Famille de Ménehould
Le Comte Sygmarus et son épouse Lintrude eurent sept filles : Amée ou Aimée, Othildeon ou Hoïlde, Lintrude (comme sa mère), Pusinne, Francule, Libère et Ménehould, la plus jeune et suivant les écrits la plus aimée de la famille.
La date de naissance de Ménehould n'est pas connue, aucune archive ne pouvant à ce jour être consultée. On peut néanmoins la situer dans la première moitié du V ème siècle.
« Le manuel de la confrérie de Sainte-Ménehould » nous précise que Ménehould avait atteint l'âge adulte quand Attila envahissait la région.
Son enfance
Son éducation, comme celle de ses sœurs, fut assurée par un prêtre nommé Eugène qui dispensait ses cours dans le château du Comte Sygmarus.
Sygmarus à Château-sur-Aisne
Souvent, Sygmarus résidait à Château-sur-Aisne. Etait-ce un acte volontaire, une simple visite d'un de ses domaines, ou un acte forcé, suite aux dévastations des Huns dont le château de Perthes aurait été l'objet.
Sa vocation
Les jeunes filles qui désiraient consacrer leur vie à Dieu tout en restant dans le monde, le faisaient par une démarche religieuse appelée « la consécration des Vierges ». Cette cérémonie était présidée par l'Evêque ; son rite principal en était l'imposition du voile.
C'est ainsi que Ménehould et ses sœurs eurent le voile des mains de Saint Alpin, Evêque de Châlons. Elles s'engageaient ainsi à vivre une vie de prières, de célibat et de charité à l'égard des pauvres.
Ménehould et les malades
La petite ville de Château-sur-Aisne était construite au milieu des marais dont les évaporations apportaient aux habitants de nombreuses maladies.
La jeune fille venait en aide aux malades. Elle allait dans leurs maisons insalubres leur apporter des soins tant par l'utilisation de plantes médicinales que par des prières.
La renommée de Ménehould
Le bruit de ces guérissons se répandit au loin. Les malades ne tardèrent pas à accourir en foule auprès de la jeune vierge. La Sainte pansait leurs plaies et les renvoyait souvent soulagés, quelquefois guéris, et toujours consolés. Le nom de Ménehould devint si populaire qu'on disait communément «se rendre à Sainte-Ménehould » pour dire qu'on allait à Château-sur-Aisne. Ce fut l'origine du nouveau nom donné à la petite ville.
La légende de Côte à Vignes
Ménehould se retirait souvent près d'un hameau au bord de l'Aisne, hameau qui deviendra au 13 ème siècle le village de La Neuville-au-Pont. Elle s'y était fait construire, au sommet d'une colline, appelée Côte à Vignes, un petit ermitage. Elle y vivait seule pendant quelques jours, se livrant à la contemplation et occupant le reste de son temps à filer de la laine pour les pauvres.
Un jour, au milieu des fortes chaleurs de l'été, des malheureux, moissonneurs ou soldats, passant près de l'ermitage, lui demandèrent à boire. La jeune fille n'avait rien à leur offrir. Elle prit donc son fuseau et le planta en terre ou, suivant d'autres récits, elle el fit, alors qu'elle filait à la quenouille, malencontreusement tomber. Toujours est-il que le fuseau se piqua et qu'une source limpide jaillit devant les pauvres gens qui purent ainsi se désaltérer.
La fin de sa vie
Avant de mourir, Sygmarus avait légué à chacune de ses filles, un domaine dans les différents territoires qu'il possédait.
Ménehould s'y enferma et y vécut dans la prière. Elle ne sortait presque jamais. Sainte Aimée vivait non loin de là et avait pris sa jeune sœur sous sa protection.
Ce fut là dans ce même ermitage, que la Sainte mourut le 14 octobre 490 ou 500. Son corps fut déposé dans l'église de Bienville.
En 866, l'Evêque Erchenrad transféra les reliques de Sainte Ménehould au monastère qu'il venait de fonder à Saint-Urbain (à quelques kilomètres au sud de Joinville). Cependant il déposa la tête de la sainte au castrum Conthense, qui porta dès le XII ème siècle le nom de Sainte Ménehould.
Les reliques
En 1378, en pleine époque d'expansion du Christianisme, on pensa que la ville de Sainte-Ménehould se devait de posséder des reliques de sa Sainte patronne. Jehan de Saulx accompagné de quelques bourgeois alla demander aux moines de Saint Urbain de satisfaire cette volonté en lui donnant une côte et un os du bras de la sainte.
Les reliques furent dans un « reliquaire parlant » (en forme de bras). Ce dernier, qui était en or, disparut à la révolution française, mais les reliques furent sauvées et placées dans un reliquaire.
En 1949, les reliques ont été transférées dans un troisième reliquaire, œuvre d'un sculpteur auxerrois, Edgard Delvaux, représentant également un bras, mais dressé verticalement, en bois de macassar, avec à sa base un coffret en ivoire où sont déposées les reliques de la Sainte. Ce reliquaire se trouve actuellement à l'Eglise Saint-Charles.
Le culte de Ménehould
Les Ménehildiens ont toujours entretenu un Culte à l'égard de leur Sainte patronne. Certes, ils ne lui ont pas dédié l'Eglise du Château, puisque cette église était déjà consacrée antérieurement à Notre Dame de l'Assomption. Mais, chaque année, le 14 octobre, date de sa mort, l'église local célèbre sa fête par un office propre ; le pèlerinage du lundi de la Pentecôte à Côtes à Vignes se maintient.
Dans les siècles passés, il existait une « Confrérie de Sainte-Ménehould ».
En 1920, les Ménéhildiens, pour remercier la Sainte de sa protection pendant la grande guerre, décidèrent d'ériger une statue sur la butte du château. La statue fut inaugurée le 17 octobre « en présence de 7 000 personnes et de 6 évêques »
Sainte Ménehould à Bienville
Le village de Bienville semble vouer une véritable vénération à la Sainte : une salle porte le nom Ménehould, un gisant se trouve dans une partie de l'église près d'un autel dont le fleurissement est confié chaque année à une famille différente, des vitraux retracent la vie de la Sainte, et enfin sur la colline une petite chapelle, près d'une source, renferme 7 statues : Ménehould entourée de ses six sœurs.
On dit que de mémoire d'homme aucune destruction pour fait de guerre n'a touché le village de Bienville.
Ménehould et les sources
La Neuville-au-Pont et Bienville-sur-Marne ont un point commun : l'histoire de Ménehould est liée aux phénomènes des sources, des sources qui coulent presque au sommet d'une colline, curiosité géologique contraire à ce que nous apprennent les livres.
Dans ce V ème siècle où le Christianisme se répandait en Gaule, deux religions se fondaient : les sources des Gaulois étaient sacrées, la source de Côte à Vignes allait devenir miraculeuse.
Le pèlerinage de Côte à Vignes
La source coule toujours à Côte à Vignes et a toujours été l'objet de dévotions. L'endroit a été christianisé : une petite chapelle a été édifiée et une croix érigée sur un monticule de terre apportée de la vallée dans les hottes par les femmes du village. Un escalier dont les 119 marches et les contremarches sont gravées de litanies permettaient d'accéder n prières de la vallée de l'Aisne à la source. Quelques plaques remercient la Sainte de ses bienfaits.
« Le pèlerinage à Côte-à-Vignes partait de l'église après les vêpres, pour monter en procession jusqu'à Côte-à-Vignes, croix en tête, enfants de chœur, communiants, prêtres, fidèles, tous chantant des cantiques. Au début des années 60, il fut remplacé par une messe célébrée le matin au pied de la croix de Côte-à-Vignes.
En 1987, une Association s'est créée pour reprendre la tradition et depuis cette date la montée en procession à Côte-à-Vignes a de nouveau lieu tous les lundis de Pentecôte ».
Un prénom pour une vie
On connaît à l'heure actuelle au moins une dizaine de personnes portant ce prénom peu courant, elles habitent notre ville, mais aussi Paris, Nancy et dans tous l'hexagone.
Ménehould HEINEN, née en 1990, est actuellement la plus jeune à Sainte-Ménehould.
La plus jeune Ménehould (à notre connaissance) est née à Paris le 10 avril 1995, elle se nomme Ménehould MICHAUD de BRISIS.
Un prénom difficile à porter quand on est dans l'enfance mais un prénom qui oblige à la sérénité et dont on est fier pour le resttant de la vie.
L'Office Municipal d'Action Culturelle de Sainte-Ménehould
L'Office de Tourisme du Pays d'Argonne Champenoise
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