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31 juillet 1914, le 6ème Régiment de Cuirassiers, quitte le Quartier Valmy pour se porter sur ses zones de couverture. Ce régiment dont les origines remontent au XVIIème siècle va quitter Sainte-Ménehould et ses 4 000 habitants. Composé de 33 officiers, 48 sous-officiers, 600 cuirassiers et presque 700 chevaux, son départ indique la fin d'une époque, celle des combats en beaux uniformes et en rase campagne pour celle des tranchées et des uniformes de couleur bleu horizon. Le 1er août, comme dans toutes les communes de France, l'ordre de mobilisation est porté à la connaissance de la population.
Sainte-Ménehould fut occupée quelques jours avant la bataille de la Marne par les forces allemandes. Les premiers seront bien entendu les Uhlans qui arriveront de la route de Moiremont, le 4 septembre 1914; L'infanterie, puis tout le deuxième échelon de l'armée allemande passeront par la ville pour continuer vers le Sud où la bataille de la Marne se prépare. La ville dont les habitations abandonnées seront plus ou moins pillées va devoir fournir ravitaillement, gîte et otages contre d'hypothétiques "bons soins". Suite au coup d'arrêt subi par les allemands vers Revigny, la contre attaque française se déclenche et force les soldats du Kaiser à se replier sur l'Argonne et la Champagne mais à portée de canon... Le 15 septembre, les allemands quittent donc précipitamment la ville en abandonnant 200 blessés et quelques personnels du service de santé. La ville va alors connaître, grâce à sa proximité du front, grâce à son infrastructure le rôle « d'une ville de guerre » dont les traces sont encore visibles aujourd'hui pour celui qui veut les voir. A partir du mois de Janvier 1915, le poste de commandement de la 3ème Armée du Général Sarrail, ainsi que tous les services y référant, s'installe dans la ville afin de mieux juger de la situation en Argonne qui devient "très préoccupante". Menou, au contact presque direct du front devint une ville militaire où les rares civils, comme souvent pendant cette époque, purent profiter de la présence de nombreux militaire. Les premiers bombardements de la ville par canon qui auront lieu le 26 avril 1915, suivis par plus tard par des avions et des Zeppelins provoqueront la panique parmi la population civile. Des pièces de défense anti-aérienne de 75 mm seront alors mises en batterie sur les hauteurs de Menou. Plus tard, l'offensive de septembre 1915 en Champagne permettra de "donner un peu d'air" à la ville.
Sainte-Ménehould possède un vaste cimetière militaire (plus de 5 400 personnes y sont inhumés) qui fut crée suite aux nombre sans cesse croissant des militaires tués : le petit cimetière communal (cimetière du Château) ne suffisait plus! Mais les tombes ne sont pas celles de combattants tués dans la ville, qui ne fut pas le lieu de combats pendant la première guerre mondiale, mais celles de blessés qui étaient soignés dans ses hôpitaux. Les soldats tués en Argonne, car le front, à vol d'oiseau y était tout proche y étaient enterrés parfois .Les blessés étaient soignés à l'Hospice (actuelle rue Florion), ou dans d'autres édifices comme les écoles (par exemple, rue Gaillot Aubert). L'hôpital d'évacuation 37(HOE 37) fut crée à Sainte-Ménehould pour soutenir la IIIème armée. Ces organisations comportaient une cinquantaine de bâtiments et tentes et avaient pour but d'effectuer le tri entre les blessés. Les intransportables y étaient gardés tandis que les autres étaient orientés vers les hôpitaux spécialisés de l'arrière. Ils étaient donc forcement à proximité des voies de communication.
Sainte-Ménehould fut aussi un noeud ferroviaire important, comme l'attestent les anciennes voies et ponts encore vis ibles au Sud Est de la ville. Les liaisons vers le Nord (direction Vouziers) étaient coupées par la ligne de front qui se situait au niveau de la gare du Bois de Ville (entre Servon et Ville sur Tourbe), la liaison vers le Sud (direction de Revigny) était toujours activée et la ligne Est-Ouest "stratégique"à double voie Chalons - Verdun fut mise en travaux pour contourner la ville. La gare de Sainte-Ménehould fut équipée de nombreux quais latéraux de débarquement et de voies de garages dont les traces sont encore aujourd'hui visibles. La vue offerte par ces équipements depuis le pont à proximité de la gare enjambant la voie laisse rêveur quand au grand nombre de troupes qui ont pu y débarquer. Proximité du front d'Argonne et de Champagne oblige!
A la fin de la guerre, le 23 juillet 1922 est inauguré le monument aux mort, situé sur la Place de l'Hôtel de Ville. Sa particularité est qu'il représente un poilu en compagnie d'un "chien de guerre"aux oreilles dressées". Le sculpteur Tarnowski qui créa ce monument ne savait pas qu'il avait représenté les premiers bataillons cynophiles!
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